À Etterbeek, face au parc du Cinquantenaire, un immeuble de bureaux brutaliste des années 1970 entamera bientôt une nouvelle vie !
Urban a délivré le permis d’urbanisme permettant sa reconversion en un ensemble résidentiel de 83 logements.
Ce projet, porté par la société Nerviens Development*, illustre les défis contemporains de la transformation du patrimoine du 20e siècle : préserver une architecture emblématique, répondre aux exigences actuelles de confort et de durabilité, et adapter un bâtiment conçu pour des bureaux à un usage résidentiel.
* Le projet est porté par la société Nerviens Development, la conception a été confiée aux bureaux d’architecture TM Tab-BB, Tab Architects et Bureau Bouwtechniek, en collaboration avec le bureau d’études M-gineers.
Reconvertir plutôt que démolir
La reconversion des immeubles de bureaux constitue aujourd’hui un levier important pour répondre aux besoins en logements de la Région, tout en limitant l’impact environnemental lié à la démolition et à la reconstruction. Le projet «Nerviens» illustre particulièrement bien cette démarche.
Situé à l’angle de l’avenue des Nerviens et de la rue du Cornet, cet immeuble est représentatif de l’architecture brutaliste de la fin des années 1970. Son identité repose notamment sur une façade porteuse, rythmée d’éléments préfabriqués en béton. Inscrit à l’inventaire du patrimoine architectural, il constitue un témoin remarquable de cette période.
Transformer des immeubles de bureaux en logements
Adapter un tel bâtiment en logements représente toutefois un défi majeur. Conçu à l’origine pour accueillir des bureaux, l’immeuble présente des plateaux profonds, des hauteurs sous plafond limitées et des ouvertures en façade relativement réduites. Or, un programme résidentiel exige davantage de lumière naturelle, de vues vers l’extérieur et d’espaces de vie confortables.
L’enjeu principal du projet consistera à améliorer l’habitabilité des futurs logements tout en conservant les caractéristiques qui font la valeur patrimoniale du bâtiment. Les éléments de façade en béton seront ainsi conservés et restaurés, tandis que les ouvertures existantes seront agrandies de manière limitée grâce à un sciage localisé, peu perceptible depuis l’espace public. Cette solution permettra d’augmenter l’apport de lumière naturelle et d’offrir de meilleures vues, sans altérer la lecture architecturale de l’ensemble.
Le projet prévoit également des balcons français (baies vitrées toute hauteur munies de garde-corps) et des terrasses de type «loggia», intégrées dans l’épaisseur de la façade, offrant des espaces extérieurs aux futurs habitants et habitantes, tout en renforçant les jeux de profondeur et d’ombre qui caractérisent l’expression brutaliste du bâtiment.
Valoriser l’existant et optimiser les nouveaux usages
Une autre particularité de cet immeuble réside dans l’intégration, dès sa conception d’origine, des conduits techniques au sein même des éléments verticaux de la façade. Le projet de reconversion tire parti de cette organisation existante en réutilisant ces gaines pour accueillir les conduites d’évacuation des eaux et les systèmes de ventilation. Ce choix permettra de limiter les interventions sur la structure du bâtiment et d’éviter l’installation généralisée de faux plafonds, préservant ainsi des hauteurs sous plafond maximisées, au bénéfice du confort des futurs logements.
Au-delà de la création de logements, le projet vise à mieux connecter l’immeuble à son environnement urbain. Son rez-de-chaussée sera ainsi réorganisé afin d’accueillir une fonction mixte (bureaux/co-working) et une nouvelle entrée principale donnant sur la rue Sainte-Gertrude. Les espaces extérieurs existants, notamment la zone de recul et les jardinières caractéristiques de l’ensemble, seront réaménagés afin d’améliorer leur qualité et de renforcer leur rôle de lieu de rencontre.
Concilier patrimoine, qualité et durabilité
Pour Urban, ce projet constitue un bel exemple de reconversion conciliant ambitions patrimoniales, environnementales et résidentielles. Les échanges menés lors de réunions de projet en amont de la demande de permis d’urbanisme ont permis d’identifier les principaux enjeux du site, de faire évoluer certaines options du projet et d’aboutir à une proposition équilibrée. Cette phase de dialogue a contribué à la qualité du projet final et à une instruction plus fluide de la demande de permis.
Le projet Nerviens démontre ainsi qu’il est possible d’adapter un bâtiment emblématique à de nouveaux usages, sans renoncer à son identité architecturale, tout en répondant aux exigences contemporaines de confort et de durabilité.
Pour aller plus loin
Envie d’en savoir plus sur ces enjeux patrimoniaux ? Découvrez deux numéros de la revue «Bruxelles Patrimoines» d'Urban consacrés à la reconversion des bureaux et aux bétons.
Bruxelles Patrimoines n°39 • Reconvertir les bureaux
Ce numéro de la revue s'intéresse aux mutations du secteur tertiaire et aux défis liés à la vacance croissante des immeubles de bureaux à Bruxelles. À travers des analyses et des études de cas, il explore les enjeux urbains, patrimoniaux et environnementaux liés à leur reconversion.
Bruxelles Patrimoines n°30 • Bétons
Occupant une place centrale dans l’architecture du 20e siècle, le béton est devenu incontournable dans notre environnement bâti. Associé à la modernité et à l’innovation, il est aujourd’hui aussi reconnu comme un élément du patrimoine. Ce numéro explore ses usages variés et les défis liés à sa préservation.